La Poitevine Claire Bergerault dirigera une centaine de « non-accordéonistes », à Tulle.

La Poitevine Claire Bergerault a eu l’idée de mettre cent volontaires sur scène en leur confiant chacun un accordéon. Premier concert à Tulle, ce samedi.

Imaginez une scène où trônent des étagères bancales sur lesquelles s’entassent une centaine d’accordéons poussiéreux. Soudain, des quidams sortent de la coulisse et s’emparent des instruments. Ainsi commencera le spectacle Les 100 non-accordéonistes, imaginé par la Poitevine Claire Bergerault, qui sera présenté pour la première fois, ce samedi 23 novembre, au théâtre L’Empreinte, à Tulle. La scène nationale de Brive-Tulle n’a d’ailleurs pas été choisie au hasard : avec son usine d’accordéons Maugein, qui fête son centenaire cette année, la cité corrézienne est un peu la capitale française du piano à bretelles.
Dépoussiérer l’accordéonL’idée de départ remonte à 2011 : la directrice artistique de la compagnie Hors Laps, qui dirige également Le Lobe, avait proposé à quinze improvisateurs poitevins de troquer leur instrument de prédilection contre un accordéon. Ce premier concert de « non-accordéonistes » avait été donné lors de la deuxième édition du festival Bruisme, organisé par Jazz à Poitiers. « En rigolant, on s’était alors dit qu’on pourrait le faire à cent, se souvient Claire Bergerault. J’ai gardé l’idée sous le coude… » Il aura donc fallu huit ans pour voir le projet se concrétiser. « J’avais envie d’avoir des non-accordéonistes car je voulais qu’ils fassent des choses complètement différentes de ce qu’on apprend quand on fait de l’accordéon, explique la musicienne. Je voulais travailler sur l’envie, sur le fait d’oser monter sur scène, de s’autoriser à ne pas savoir. »
Il faut dire que l’artiste elle-même a une pratique particulière de cet instrument qu’elle a découvert très jeune, au sein de l’École moderne de musique de Poitierstenue par ses parents. « Dès que j’ai eu les bras assez longs pour tenir l’instrument, vers 3 ans, on m’a mis un accordéon dans les mains, se souvient Claire Bergerault. J’en ai joué, parallèlement au piano, mais à 10 ans, j’ai dit stop : j’arrête l’accordéon, c’est trop ringard. Ce n’est que vers 27 ans, alors que j’avais débuté ma carrière de musicienne professionnelle, que j’ai repris l’accordéon de mon père, après un repas de famille. J’ai pris une claque ! Depuis, je m’en sers en mixage avec la voix. C’est une autre façon de considérer l’instrument. »
Pour le concert de ce samedi, la Poitevine a notamment récupéré auprès de ses parents 35 des 100 accordéons nécessaires. Sur scène, pour encadrer les néophytes, elle sera également épaulée par quatre jeunes accordéonistes : Cécile Tréhut, Jan Myslikovjan, Thimothée Chabrillat et Aymie Zahra. Et le Poitevin Édouard Ribouillot, alias « C-C », sera à l’électronique. « L’idée est de montrer l’accordéon sous un autre jour, de le dépoussiérer, conclut Claire Bergerault. En le mélangeant à l’électro et avec des gens qui n’en jouent pas habituellement, je m’attends à des surprises. Le but est de libérer la créativité. »
www.horslaps.org
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